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L'œuvre de Patricia Cornwell

L'histoire

Ce qu'en dit P. Cornwell

Ce qu'en dit la presse française

EXTRAITS

Carnets de bord

Les lieux de l'histoire

 

Cadavre X

Extraits

 

Le nouvel ennemi de Kay Scarpetta :
un tueur monstrueux qui sévit à Richmond

 
« ...Marino me rejoignit à l'entrée du magasin. En pénétrant à l'intérieur, nous tombâmes sur Anderson. Debout devant le comptoir, elle enveloppait dans du papier kraft le tiroir vide de la caisse enregistreuse, tandis que le technicien de scène du crime Al Eggleston saupoudrait la caisse de poudre à empreintes. La surprise et le déplaisir se succédèrent sur le visage d'Anderson lorsqu'elle nous aperçut.
- Que faites-vous ici ? demanda-t-elle à Marino d'un ton agressif.
- Je suis venu acheter un pack de bière. Comment ça va, Eggleston ?
- On fait aller, Pete.
- Vous arrivez trop tôt, nous n'avons pas terminé, dit Anderson en s'adressant à moi.

Black Notice, titre original de Cadavre X

Je me demandai quels ravages elle avait déjà pu occasionner sur le lieu du crime. Dieu merci, c'était Eggleston qui effectuait le travail le plus important. Je remarquai immédiatement le siège renversé derrière le comptoir.
- La chaise était déjà comme cela lorsque la police est arrivée ? demandai-je à Eggleston.
- Oui, pour autant que je sache.
Anderson sortit brusquement de la boutique, probablement à la recherche de Bray.
- Oh, oh, dit Marino, c'est l'heure d'aller rapporter.
- Tu ne crois pas si bien dire.
Des arcs de sang, caractéristiques d'une hémorragie artérielle, maculaient le mur situé derrière le comptoir.
- Ravi de ta présence, Pete, mais là, tu es en train de titiller un serpent à sonnette, mon vieux.
Les grandes traînées contournaient le comptoir et se poursuivaient dans la travée la plus éloignée de la porte d'entrée du magasin.
- Venez ici, Marino.
- Hé, Eggleston, pourquoi tu nous déniches pas l'ADN de ce type quelque part ? On le mettra en bouteille et on fabriquera son clone au labo, comme ça, on saura qui est ce putain d'enfoiré ! lança-t-il en se dirigeant vers moi.
- Pete, un jour, tu auras le prix Nobel !
Je lui désignai du doigt les arcs, les dernières traces du rythme cardiaque systolique de Kim Luong, alors que tout son sang fuyait par la carotide.
Les marques ne dépassaient pas une certaine hauteur et se prolongeaient le long de cinq ou six mètres d'étagères pleines de serviettes en papier, de papier toilette et de divers articles ménagers.
- Seigneur ! s'exclama Marino lorsqu'il comprit. Il l'a trainée sur le sol pendant qu'elle se vidait de son sang ?
- Oui.
- Combien de temps a-t-elle pu survivre en saignant comme ça ?
- Quelques minutes. Dix au maximum.
Elle n'avait pas laissé d'autre sillage, sinon les légères empreintes parallèles et étroites tracées dans son sang par ses cheveux et ses doigts. J'imaginai l'homme la traînant d'abord par les pieds. Les bras de la jeune femme se dépliaient, comme des ailes, ses cheveux balayaient le sol ensanglanté, comme des plumes.
- Il la tenait par les chevilles, dis-je. Et elle a de longs cheveux.
Anderson était revenue et nous observait. Je détestais devoir faire attention au moindre mot que je prononçais en présence de la police. Néanmoins, le problème s'était déjà posé, et il m'était arrivé, au cours de ma carrière, de travailler avec des flics à l'origine de fuites terribles. Je n'avais pas eu d'autre choix que de les traiter en ennemis.
- Ça, on peut dire qu'elle n'est pas morte sur le coup, ajouta Marino.
- Une rupture de la carotide ne vous réduit pas nécessairement à l'impuissance instantanément, remarquai-je. Vous pouvez avoir la gorge tranchée et composer le numéro de la police. Elle n'aurait pas dû être immobilisée tout de suite, et pourtant il est clair que c'est ce qui s'est passé.
Plus nous avancions le long de la travée, plus la hauteur et la puissance des jets systoliques s'amenuisaient. Les petites éclaboussures étaient déjà sèches, tandis que les flaques de sang n'avaient pas encore fini de coaguler.
Nous suivîmes les traînées le long de vitrines réfrigérées pleines de cannettes de bière, puis au-delà de la porte qui menait à la réserve où le technicien Gary Ham se tenait à genoux, tandis qu'un autre officier prenait des photos... »
 

Le nouvel ami de Kay Scarpetta :
rencontre à Interpol

 

Black Notice, titre original de Cadavre X
en anglais

« ...Le quartier général d'Interpol était une forteresse de verre, entourée de plans d'eau. L'immeuble se dressait solitaire, dans le parc de la Tête d'or, et rien dans son architecture ne trahissait la nature des secrets qu'il abritait. J'étais bien sûre que les signes discrets de l'activité qui y régnait échappaient à presque tous ceux qui passaient devant en voiture. Le nom de la rue bordée de platanes n'était indiqué nulle part, et, à moins de savoir exactement où vous alliez, vous ne risquiez pas d'y aboutir. Aucun fronton, aucun panneau signalétique n'indiquait « Interpol ».
Les paraboles, les antennes, les barrières de béton et les caméras étaient discrètes, et la grille de métal vert surmontée de fil de fer barbelé se fondait dans le paysage. Il émanait du secrétariat de l'unique organisme international de police une atmosphère paisible et instructive, et la disposition des lieux permettait à ceux qui travaillaient de voir à l'extérieur sans être vus.
Par ce matin froid et couvert, un petit sapin de Noël saluait avec ironie les fêtes approchantes.
Lorsque je pressai le bouton de l'Interphone de la grille d'entrée pour nous annoncer, je ne vis personne. Une voix nous demanda de nous identifier, puis la serrure se déverrouilla dans un cliquetis. Je suivis avec Marino un trottoir qui nous conduisit à un autre bâtiment, où nous fûmes accueillis par un garde en costume cravate à la carrure suffisante pour soulever Marino et le ramener par le col à Paris. Un autre garde installé derrière une vitre pare-balles prit nos passeports en échange de badges de visiteurs.
Nos affaires personnelles passèrent aux rayons X sur un tapis, et le garde qui nous avait reçus nous intima, par gestes plutôt que par la parole, de pénétrer l'un après l'autre dans ce qui ressemblait à un tube transparent qui montait du sol au plafond. J'obéis, m'attendant un peu à être aspirée quelque part, et une porte de Plexiglas incurvée se referma. Une autre, identique, me fit ressortir de l'autre côté, après que la moindre de mes molécules eut été examinée.
- Qu'est-ce que c'est que ce putain de truc ? Star Trek ? me dit Marino. Comment est-ce qu'on peut savoir si un machin comme ça ne file pas le cancer ? Ou d'autres maladies quand vous êtes un homme ?
- Taisez-vous.
Après ce qui me sembla une longue attente, un homme apparut au bout du passage couvert qui reliait la zone de sécurité au bâtiment principal. Il ne ressemblait pas du tout à l'idée que je m'en étais faite. La souplesse de l'athlète se lisait dans sa démarche, et un luxueux costume de flanelle gris anthracite tombait à la perfection sur son corps musclé. Il portait une chemise blanche sans le moindre faux pli et une somptueuse cravate Hermès marron, vert et bleu. Lorsque nous échangeâmes une solide poignée de main, je remarquai également sa montre en or.
- Jay Talley. Désolé de vous avoir fait attendre, s'excusa-t-il.
Son regard noisette était si pénétrant qu'il me mit mal à l'aise. Il avait une beauté troublante, presque ténébreuse, et je le cataloguai instantanément. Tous les hommes beaux se ressemblent. Je sentis qu'il déplaisait aussi à Marino.
- Nous nous sommes parlés au téléphone, me dit-il comme si je ne m'en souvenais pas.
- Et je n'ai pas dormi depuis, rétorquai-je, incapable de le quitter des yeux, malgré tous mes efforts.
- Je vous en prie, suivez-moi... »

 

« Seigneur ! s'exclama Marino lorsqu'il comprit. Il l'a trainée sur le sol pendant qu'elle se vidait de son sang ? »

 

Textes : © Cornwell Enterprises, Inc., 2000 ©
Calmann-Lévy, 2000 pour la traduction française

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