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Extraits
Le nouvel ennemi de Kay
Scarpetta :
un tueur monstrueux qui sévit à
Richmond
« ...Marino me rejoignit à l'entrée
du magasin. En pénétrant à
l'intérieur, nous tombâmes sur Anderson. Debout
devant le comptoir, elle enveloppait dans du papier kraft le
tiroir vide de la caisse enregistreuse, tandis que le
technicien de scène du crime Al Eggleston saupoudrait
la caisse de poudre à empreintes. La surprise et le
déplaisir se succédèrent sur le visage
d'Anderson lorsqu'elle nous aperçut.
- Que faites-vous ici ? demanda-t-elle à Marino
d'un ton agressif.
- Je suis venu acheter un pack de bière. Comment
ça va, Eggleston ?
- On fait aller, Pete.
- Vous arrivez trop tôt, nous n'avons pas
terminé, dit Anderson en s'adressant à
moi.
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Black Notice, titre original de
Cadavre X
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Je me demandai quels ravages elle avait déjà
pu occasionner sur le lieu du crime. Dieu merci,
c'était Eggleston qui effectuait le travail le plus
important. Je remarquai immédiatement le siège
renversé derrière le comptoir.
- La chaise était déjà comme cela
lorsque la police est arrivée ? demandai-je
à Eggleston.
- Oui, pour autant que je sache.
Anderson sortit brusquement de la boutique, probablement
à la recherche de Bray.
- Oh, oh, dit Marino, c'est l'heure d'aller rapporter.
- Tu ne crois pas si bien dire.
Des arcs de sang, caractéristiques d'une
hémorragie artérielle, maculaient le mur
situé derrière le comptoir.
- Ravi de ta présence, Pete, mais là, tu es en
train de titiller un serpent à sonnette, mon
vieux.
Les grandes traînées contournaient le comptoir
et se poursuivaient dans la travée la plus
éloignée de la porte d'entrée du
magasin.
- Venez ici, Marino.
- Hé, Eggleston, pourquoi tu nous déniches pas
l'ADN de ce type quelque part ? On le mettra en
bouteille et on fabriquera son clone au labo, comme
ça, on saura qui est ce putain
d'enfoiré ! lança-t-il en se dirigeant
vers moi.
- Pete, un jour, tu auras le prix Nobel !
Je lui désignai du doigt les arcs, les
dernières traces du rythme cardiaque systolique de
Kim Luong, alors que tout son sang fuyait par la
carotide.
Les marques ne dépassaient pas une certaine hauteur
et se prolongeaient le long de cinq ou six mètres
d'étagères pleines de serviettes en papier, de
papier toilette et de divers articles ménagers.
- Seigneur ! s'exclama Marino lorsqu'il comprit. Il l'a
trainée sur le sol pendant qu'elle se vidait de son
sang ?
- Oui.
- Combien de temps a-t-elle pu survivre en saignant comme
ça ?
- Quelques minutes. Dix au maximum.
Elle n'avait pas laissé d'autre sillage, sinon les
légères empreintes parallèles et
étroites tracées dans son sang par ses cheveux
et ses doigts. J'imaginai l'homme la traînant d'abord
par les pieds. Les bras de la jeune femme se
dépliaient, comme des ailes, ses cheveux balayaient
le sol ensanglanté, comme des plumes.
- Il la tenait par les chevilles, dis-je. Et elle a de longs
cheveux.
Anderson était revenue et nous observait. Je
détestais devoir faire attention au moindre mot que
je prononçais en présence de la police.
Néanmoins, le problème s'était
déjà posé, et il m'était
arrivé, au cours de ma carrière, de travailler
avec des flics à l'origine de fuites terribles. Je
n'avais pas eu d'autre choix que de les traiter en
ennemis.
- Ça, on peut dire qu'elle n'est pas morte sur le
coup, ajouta Marino.
- Une rupture de la carotide ne vous réduit pas
nécessairement à l'impuissance
instantanément, remarquai-je. Vous pouvez avoir la
gorge tranchée et composer le numéro de la
police. Elle n'aurait pas dû être
immobilisée tout de suite, et pourtant il est clair
que c'est ce qui s'est passé.
Plus nous avancions le long de la travée, plus la
hauteur et la puissance des jets systoliques s'amenuisaient.
Les petites éclaboussures étaient
déjà sèches, tandis que les flaques de
sang n'avaient pas encore fini de coaguler.
Nous suivîmes les traînées le long de
vitrines réfrigérées pleines de
cannettes de bière, puis au-delà de la porte
qui menait à la réserve où le
technicien Gary Ham se tenait à genoux, tandis qu'un
autre officier prenait des photos... »
Le nouvel ami de Kay Scarpetta :
rencontre à Interpol
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Black Notice, titre original de
Cadavre X
en anglais
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« ...Le quartier général d'Interpol
était une forteresse de verre, entourée de
plans d'eau. L'immeuble se dressait solitaire, dans le parc
de la Tête d'or, et rien dans son architecture ne
trahissait la nature des secrets qu'il abritait.
J'étais bien sûre que les signes discrets de
l'activité qui y régnait échappaient
à presque tous ceux qui passaient devant en voiture.
Le nom de la rue bordée de platanes n'était
indiqué nulle part, et, à moins de savoir
exactement où vous alliez, vous ne risquiez pas d'y
aboutir. Aucun fronton, aucun panneau signalétique
n'indiquait « Interpol ».
Les paraboles, les antennes, les barrières de
béton et les caméras étaient
discrètes, et la grille de métal vert
surmontée de fil de fer barbelé se fondait
dans le paysage. Il émanait du secrétariat de
l'unique organisme international de police une
atmosphère paisible et instructive, et la disposition
des lieux permettait à ceux qui travaillaient de voir
à l'extérieur sans être vus.
Par ce matin froid et couvert, un petit sapin de Noël
saluait avec ironie les fêtes approchantes.
Lorsque je pressai le bouton de l'Interphone de la grille
d'entrée pour nous annoncer, je ne vis personne. Une
voix nous demanda de nous identifier, puis la serrure se
déverrouilla dans un cliquetis. Je suivis avec Marino
un trottoir qui nous conduisit à un autre
bâtiment, où nous fûmes accueillis par un
garde en costume cravate à la carrure suffisante pour
soulever Marino et le ramener par le col à Paris. Un
autre garde installé derrière une vitre
pare-balles prit nos passeports en échange de badges
de visiteurs.
Nos affaires personnelles passèrent aux rayons X
sur un tapis, et le garde qui nous avait reçus nous
intima, par gestes plutôt que par la parole, de
pénétrer l'un après l'autre dans ce qui
ressemblait à un tube transparent qui montait du sol
au plafond. J'obéis, m'attendant un peu à
être aspirée quelque part, et une porte de
Plexiglas incurvée se referma. Une autre, identique,
me fit ressortir de l'autre côté, après
que la moindre de mes molécules eut été
examinée.
- Qu'est-ce que c'est que ce putain de truc ? Star
Trek ? me dit Marino. Comment est-ce qu'on peut
savoir si un machin comme ça ne file pas le
cancer ? Ou d'autres maladies quand vous êtes un
homme ?
- Taisez-vous.
Après ce qui me sembla une longue attente, un homme
apparut au bout du passage couvert qui reliait la zone de
sécurité au bâtiment principal. Il ne
ressemblait pas du tout à l'idée que je m'en
étais faite. La souplesse de l'athlète se
lisait dans sa démarche, et un luxueux costume de
flanelle gris anthracite tombait à la perfection sur
son corps musclé. Il portait une chemise blanche sans
le moindre faux pli et une somptueuse cravate Hermès
marron, vert et bleu. Lorsque nous échangeâmes
une solide poignée de main, je remarquai
également sa montre en or.
- Jay Talley. Désolé de vous avoir fait
attendre, s'excusa-t-il.
Son regard noisette était si pénétrant
qu'il me mit mal à l'aise. Il avait une beauté
troublante, presque ténébreuse, et je le
cataloguai instantanément. Tous les hommes beaux se
ressemblent. Je sentis qu'il déplaisait aussi
à Marino.
- Nous nous sommes parlés au téléphone, me dit-il comme
si je ne m'en souvenais pas.
- Et je n'ai pas dormi depuis, rétorquai-je,
incapable de le quitter des yeux, malgré tous mes
efforts.
- Je vous en prie, suivez-moi... »
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« Seigneur !
s'exclama Marino lorsqu'il comprit. Il l'a trainée sur le sol pendant
qu'elle se vidait de son sang ? »
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