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Parcours d'une Star

P.cornwell : Mes passions et mes livres

Patricia Cornwell repond aux journalistes francais

Kay Scarpetta bientôt à l'écran !

 

Biographie de Patricia Cornwell

PATRICIA CORNWELL REPOND
AUX JOURNALISTES FRANCAIS

Du 27 mars au 3 avril 2000, Patricia Cornwell était en France et en Belgique pour la promotion de Cadavre X. La star du polar s'est confiée aux journalistes français. Quelques-unes de ses réflexions sur sa carrière, Kay Scarpetta et Cadavre X.

 

Sur sa carrière

 

- " Vous êtes considérée comme l'une des reines du roman noir, ayant vendu trente millions de livres. Mais vous, comment vous considérez-vous ?

- Comme quelqu'un de très chanceux. (Large sourire). Je me considère comme le scribe des médecins légistes, des inspecteurs de police et de ceux qui travaillent avec eux. Je vous montre à vous ce qu'ils font, eux. Ce sont des héros méconnus qui travaillent dans l'ombre. J'ai choisi de parler de leur travail et de montrer la vérité de la violence. C'est un peu comme si j'étais membre de leur équipe. Certains de ces médecins sont mes amis. Durant six ans, j'ai travaillé dans un laboratoire d'examens médicaux où l'on pratique des autopsies. Ayant appris ce qu'est leur monde, les méthodes et les instruments utilisés, j'ai des idées pour les histoires que j'écris. "

Le Soir Illustré, 12 avril 2000.

- " Qu'est-ce qui est le plus important pour vous, justement : être reconnue comme un grand écrivain ou vendre des millions de livres ?

- Les deux. Pour moi, le plus important est quand même de savoir bien raconter les histoires. L'écriture ne doit pas se suffire à elle-même. A quoi sert le style s'il n'est au service de rien ? Le rythme et les images doivent vous emmener là où l'écrivain le veut sans que vous vous rendiez compte du voyage. Je peux rester toute une journée à ma table à jouer avec une métaphore. Mais si cela ne me comble pas intérieurement, l'effort que je fais pour emmener le lecteur sur l'autre rive risque de n'être qu'un vol plein de turbulences. "

Paris Match, 6 avril 2000, entretien avec Dany Jugaud.

 - " Avant vos douze romans policiers, vous avez été journaliste de faits divers. Qu'est-ce qui vous attire dans ces côtés noirs de l'homme ?

- Le journalisme a été très important car il m'a appris à beaucoup observer. Lorsque je me concentre sur une description ou que je regarde le côté sombre et mauvais des gens, il y a aussi l'opposé, la vie et la mort. Il y a une symétrie entre ces cadavres et leur vie, c'est un tableau d'ensemble. Ce qui m'intéresse ce n'est pas pourquoi telle personne a fait telle chose, mais comment les choses ont été faites en interprétant à partir des blessures, de preuves. Cela peut paraître étrange, mais il n'y a pas mal d'amour et de chaleur dans le travail que je décris. Si un de vos proches était mort seul dans les bois il y a des années, vous seriez heureux qu'aujourd'hui quelqu'un cherche à savoir. Il y a donc beaucoup de compassion dans ce travail. "

 La Croix du Midi Libre, 7 avril 2000. Propos recueillis par Franck Meslin.

- J'ai lu qu'enfant vous vouliez être archéologue. Dans un sens Scarpetta aussi fouille pour comprendre le passé ?

- Absolument. Je pense que c'est de là que vient mon intérêt. Lorsque l'on fouille le sol et qu'on trouve des petits objets, ce sont des morceaux de puzzles qui vous racontent une vie. Il s'agit toujours de faire parler le silence. Cela revient toujours à aimer qui nous étions. Qu'il s'agisse de la victime d'un assassinat ou d'un homme de 4 000 ans, il s'agit en s'intéressant et en aimant les autres, de nous aimer nous-mêmes.

La Croix du Midi Libre, 7 avril 2000. Propos recueillis par Franck Meslin.

- " A l'instar de votre héroïne, vous ne cessez jamais de travailler. Comment faites-vous pour publier un roman par an ?

- Le secret, c'est que j'aime ce que je fais, même si ce travail est souvent très douloureux : j'ai du mal à assister aux autopsies, je déprime lorsque je dois aller à la morgue. Mais je m'en voudrais de ne rien éprouver, parce que cela signifierait que j'ai perdu toute sensibilité. Imaginer des histoires, ça, j'adore. C'est cela le secret de ma productivité. "

Gala, 19 avril 2000, entretien avec G. Catalano.

 

Sur Cadavre X et la France

 

- " Pourquoi avoir choisi de situer votre dernier roman à Paris ?

- J'avais envie d'élargir l'univers de Kay Scarpetta. Après tout, ses fans viennent du monde entier. Tout est parti de là. J'aime le sentiment de sécurité que l'on ressent ici. Chez moi, je suis obligée de m'entourer de gardes du corps dès que je sors en public. Ici, je me sens très à l'aise. Du bon vin, pas de bodyguards : c'est le bonheur ! ".

 Gala, 19 avril 2000, entretien avec G. Catalano.

"Scarpetta avait déjà eu quelques scènes à Londres et à Dublin mais c'est la première fois qu'elle sort du monde anglo-saxon. J'avais envie de rendre à mes lecteurs un peu de ce qu'ils me donnent en allant vers eux. Et puis j'essaie d'élargir mon univers en me confrontant à d'autres réalités. Tout est différent en France : la justice, la culture, le travail du médecin légiste… Il s'agit donc de se documenter énormément… ".

Le Soir, 29/03/2000.

 

Sur Kay Scarpetta

 

 -" Comment a été accueilli votre premier manuscrit ?

- Mal ! Post Mortem a été refusé par sept maisons d'édition avant d'être publié, sans publicité. "Une intrigue dans une morgue ? Cela ne se vendra jamais", me disait-on. "Ce n'est pas un endroit ni un métier pour un femme", renchérissaient certains. Le temps leur a donné tort. Aujourd'hui, dans certains États de d'Amérique du Nord, il y a plus de médecins légistes femmes que d'hommes. Je pense que les femmes sont moins impressionnables. Depuis des siècles, elles donnent la vie, pansent les plaies sur les champs de bataille et dans les hôpitaux. Un médecin femme, comme Kay, éprouve de la compassion pour ses victimes, sa mission est de réparer les torts qui leur ont été faits. "

 Télé 7 Jours, 10-16 juin 2000, entretien avec Christelle Laffin.

 - " Comment pouvez-vous comparer Kay Scarpetta, l'héroïne principale de tous vos romans, à un membre de votre famille ?

- Je suis très consciente qu'il s'agit d'un personnage littéraire mais sa présence est très réelle pour moi. Elle me permet de communiquer avec vous à propos de choses dont autrement je n'aurais pas le droit légitime de parler. Je ne suis pas médecin légiste mais Kay Scarpetta l'est. Elle me permet de parler de l'injustice, de la nature humaine, de la place des femmes dans un monde d'hommes. "

Le Soir Illustré, 12 avril 2000, Joëlle Lehrer.

 - "Vos lecteurs ne confondent-ils pourtant pas votre personnalité et celle de Scarpetta ?

- Sans doute, mais je ne suis que son ambassadrice. De toute manière, les lecteurs me mettent tout sur le dos. Ils me reprochent particulièrement d'avoir tué Benton Wesley.

- Vous aviez déjà tué Mark, le précédent amant de Scarpetta…

- Ce n'était pas voulu. Je ne peux le nier : mes empreintes sont partout sur les lieux du crime. Je ne sais pas ce qui va arriver à l'avance. Pas plus que je n'avais prévu au départ l'histoire d'amour entre Kay et Benton. Les personnages finissent par avoir leur vie propre et l'auteur ne peut plus tout contrôler. Et puis, ces morts, c'est comme dans la vie. Des gens qu'on aime meurent et c'est toujours injuste. Je n'avais pas envie de tuer Benton Wesley. Il me manque et j'ai même cherché à le faire revenir. Dans la suite de Cadavre X [The Last Precinct, à paraître chez Calmann-Lévy en mars 2001] on apprendra d'ailleurs de nouvelles choses à son sujet, dont certaines surprendront beaucoup les lecteurs. Et on découvrira aussi de plus en plus les émotions profondes de Kay Scarpetta. "

 Le Soir, 29 mars 2000, Jean-Marie Wynants.

 

 

 « Ici, je me sens très à l'aise. Du bon vin, pas de bodygards : c'est le bonheur!»

Patricia Cornwell
Gala, 19 avril 2000

Photo P. Cornwell : ©Bruno LYET

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